Réponse opérationnelle
Oui, un opérateur peut obtenir une extraction de ses exportations avec le “statut” (notamment le statut de sortie / quitus), mais pas sous forme d’un bouton standard “Exporter vers Excel” directement depuis SDS. En pratique, l’extraction “Excel” se fait soit via votre propre SI à partir des flux EDI/API, soit par restitution manuelle/ponctuelle (PDF, consultation écran) en DTI, sans vraie fonctionnalité de dump massif en.xlsx.
SDS est bien le téléservice de Suivi De la Sortie, qui certifie la sortie réelle à des fins fiscales, dans le couple DELTA IE – Volet Export + SDS en production depuis le 4 novembre 2025. (douane.gouv.fr)
Ce qui est faisable (et ce qui ne l’est pas)
1) Cas “DTI (portail web) uniquement”: pas d’export Excel natif massif
- DTI permet la consultation et le suivi opérationnel (recherches, visualisation des mouvements, téléchargement de documents type PDF selon les écrans/services), mais n’est pas conçu comme un outil de BI pour sortir un fichier Excel consolidé multi-déclarations.
- Donc, si vous êtes en DTI seulement, vous aurez au mieux:
- de la consultation et filtrage,
- des restitutions unitaires (cas par cas),
- et éventuellement des contournements (copier/coller, exports limités selon écrans) qui ne répondent pas à un besoin d’extraction fiable/industrielle.
Référence contexte: la DGDDI positionne SDS comme téléservice de suivi de sortie, complémentaire de DELTA IE. (douane.gouv.fr)
2) Cas “interfaçage EDI/API”: oui, extraction industrialisable (Excel/BI)
C’est la voie standard si vous voulez une extraction consolidée avec statuts, historisation, KPI, etc.
- Les échanges opérateurs ↔ DELTA IE se font via des webservices REST et des messages au format JSON (contrat de service opérateurs). (douane.gouv.fr)
- Concrètement: vous captez (dans votre SI / TMS / ERP / outil EDI) les messages et événements, vous stockez (base, data lake, etc.), puis vous exportez en Excel (ou alimentez PowerBI/Qlik/etc.).
Base documentaire:
- Page DGDDI “Échange de données informatisé – EDI API” (cadre de l’interconnexion). (douane.gouv.fr)
- Contrat de service opérateurs DELTA IE (API, REST, JSON, modalités d’échanges). (douane.gouv.fr)
Comment extraire “les exportations + statut” (méthode recommandée)
1) Mettre en place la collecte des statuts via EDI/API
Principe
- Déclarations export: vous conservez vos identifiants internes (LRN) + identifiants douane (MRN, CRN selon cas).
- Événements de cycle de vie / statuts: vous alimentez une table “statut” à chaque message retour / changement (acceptation, mainlevée, résultat de sortie, invalidation, refus de sortie, procédure de recherche, etc.).
- Restitution: export Excel depuis votre SI (ou requête SQL → CSV/XLSX).
Le contrat de service précise que les échanges se font exclusivement via appels HTTP POST en JSON et décrit l’architecture d’interaction avec les SI opérateurs. (douane.gouv.fr)
Champs utiles (pratiques) à prévoir dans votre “extract”
Sans figer un modèle unique, l’extract opérationnel robuste contient généralement:
- MRN
- LRN (référence opérateur, indispensable pour rapprochements internes)
- Date/heure dépôt
- Bureau export / bureau de sortie
- Statut douanier (ex: acceptée, mainlevée, exportée, invalidée, refus de sortie, en recherche, etc.)
- Date/heure du statut final (quitus fiscal)
- Mode et référence transport (selon vos besoins de preuve de sortie)
- Références documents (EAD, etc.) si vous les stockez
La DGDDI rappelle l’enjeu “statut final” (ex. “exporté”, “invalidé”, “refus de sortie”) dans ses communications de suivi de déploiement. (douane.gouv.fr)
2) Si vous restez en DTI: ce que vous pouvez faire “proprement”
Même sans extraction Excel native, vous pouvez sécuriser l’exploitation ainsi:
- Mettre en place un tableau de suivi interne (Excel) alimenté par:
- vos données d’expédition (TMS/ERP),
- et le statut récupéré par consultation SDS/DELTA IE au fil de l’eau (process manuel contrôlé).
- Conserver en GED les preuves (PDF / documents d’accompagnement) attachées à MRN/LRN.
Mais: ce mode est coûteux, risqué (erreurs de saisie) et peu auditable vs une collecte EDI.
Points de vigilance (terrain)
- Ne pas confondre “données d’export” et “preuve/statut de sortie”: SDS vise précisément la certification de sortie réelle à des fins fiscales. (douane.gouv.fr)
- Les difficultés opérationnelles de statut final (“exporté”) existent (ex. rejets de messages liés à des données transporteur en sortie), donc un extract “statut” doit aussi inclure motif/trace d’anomalie pour pilotage. (douane.gouv.fr)
- Le contrat EDI impose une logique asynchrone: un HTTP 200 confirme la prise en charge, pas le traitement; ce point est essentiel pour fiabiliser vos extractions et éviter les faux “OK”. (douane.gouv.fr)
Sources (DGDDI)
- L’exportation et le suivi de la sortie: DELTA IE – Volet Export et SDS (mise à jour 24/03/2026) (douane.gouv.fr)
- Échange de données informatisé – EDI API (mise à jour 16/03/2026) (douane.gouv.fr)
- Contrat de Service Opérateurs DELTA IE – Interface EDI (v11.0, publié 12/12/2025) (douane.gouv.fr)
⚠️ Cette analyse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute opération engageant votre responsabilité, consultez un représentant en douane agréé ou un avocat spécialisé.