Accord sur l'évaluation en douane (GATT/OMC)
Accord multilatéral de l'OMC établissant un système uniforme d'évaluation en douane fondé sur la valeur transactionnelle, constituant le cadre international de référence.
Définition et principe
L'Accord sur l'évaluation en douane (officiellement « Accord sur la mise en œuvre de l'article VII de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994 ») est l'un des accords multilatéraux de l'OMC. Il établit un système uniforme et équitable d'évaluation en douane fondé sur la valeur transactionnelle des marchandises importées, excluant l'utilisation de valeurs arbitraires ou fictives.
Cadre juridique
L'Accord est entré en vigueur le 1er janvier 1995 avec la création de l'OMC, remplaçant le Code de l'évaluation en douane du Tokyo Round (1979). Il fait partie des accords multilatéraux annexés à l'Accord de Marrakech et lie tous les membres de l'OMC (164 membres). En droit européen, il est transposé par les articles 70 à 74 du CDU. Le Comité technique de l'évaluation en douane, administré par l'Organisation mondiale des douanes (OMD), émet des avis consultatifs, commentaires et études de cas qui guident l'interprétation de l'Accord.
Principes fondamentaux
- Primauté de la valeur transactionnelle: le prix réellement payé est la base principale
- Hiérarchie séquentielle de 6 méthodes d'évaluation alternatives
- Interdiction des valeurs minimales, arbitraires ou fictives
- Droits de l'importateur: être informé de la méthode utilisée, possibilité de recours
- Transparence: les lois et réglementations doivent être publiées
- Uniformité d'application entre tous les membres
Enjeux actuels
- La fraude à la valeur (sous-évaluation) reste un défi majeur pour les administrations douanières mondiales, entraînant des pertes de recettes considérables
- L'articulation entre valeur en douane et prix de transfert est un domaine en constante évolution, avec des orientations conjointes OMD/OCDE
- Le commerce électronique pose de nouveaux défis d'évaluation (marchandises de faible valeur, services numériques intégrés)
- Les pays en développement bénéficient de dispositions de traitement spécial et différencié pour la mise en œuvre de l'Accord